Le loup dans le Jura

Comme dans le reste de la France, la présence historique du loup dans le Massif jurassien est attestée par une importante documentation relative aux exactions commises par le prédateur et par les moyens mis en œuvre pour éliminer l’espèce.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le nombre de loups tués va diminuer progressivement des registres officiels, démontrant ainsi le déclin de l’espèce. Entre 1873 et 1882, moins de dix loups sont abattus dans chacun des départements du Jura et du Doubs. Dans le Jura, la présence de quelques individus est signalée en 1898 et durant la première guerre mondiale vers Dole. La dernière mention attestant de la présence du loup dans le Doubs relate la destruction de seize louveteaux près de Besançon et deux à Marchaux en 1901.

Par la suite, l’absence de donnée semble confirmer la disparition de l’espèce de l’ensemble du Massif jurassien

Situation actuelle dans le Massif jurassien

Il faudra attendre le début du XXIe siècle pour constater officiellement le retour du loup dans le Massif jurassien. Au cours de l’été 2003, des attaques de loup sur des moutons sont signalées à Hotonnes dans le département de l’Ain. Cet individu était de souche italienne comme l’ensemble des loups identifiés en France depuis le retour naturel de l’espèce depuis l’Italie en 1992.

En 2004 et 2005, de nouvelles observations visuelles sont enregistrées dans l’Ain mais non confirmées par une analyse génétique, ces données restent invérifiables.

Une autre attaque sur un troupeau d’ovins dans le Massif jurassien a été classée loup probable. Les faits se sont déroulés dans le département du Jura, à Grande Rivière, dans la nuit du 31 mai au 1ier juin 2007. Sans poil, ni déjection, il n’a pas été possible de démontrer génétiquement la responsabilité du loup. Mais un faisceau d’éléments techniques a orienté le diagnostic de terrain : nombre important de moutons attaqués, tous les animaux ont été exclusivement pris au cou, taux de consommation important, viscères non touchés, absence de laine sur le terrain, perforations de taille importante, empreintes de canidé mesurant 9 à 10 cm. De plus l’enquête menée sur place a révélé qu’il n’y avait pas de chiens en divagation dans le secteur.

Une autre présomption d’attaque de loup a eu lieu à Larrivoire, toujours dans le département du Jura, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2007. Deux moutons ont été tués mais faute d’éléments probants, cette attaque a été classée loup non exclu.

Ce type d’événements isolés ne suffit pas bien entendu à conclure à une installation de l’espèce dans le Massif jurassien. Mais le mouvement de colonisation sud/nord observé depuis le retour du loup en France en 1992 peut laisser présager le passage plus régulier à l’avenir d’individus en dispersion. Rappelons que des animaux en phase de colonisation peuvent effectuer plusieurs centaines de kilomètres en quelques jours. Lors de ces déplacements, un ou plusieurs loups peuvent passer totalement inaperçus si leur prédation ne porte que sur des proies sauvages.